Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /Mars /2010 00:27
 

deezer.jpgLancée en juin 2006 par Daniel Marhely (rejoint en janvier 2007 par Jonathan Benassaya) la société Blogmusik est contrainte de fermer en avril 2007, sous la pression de la SACEM, pour des raisons de droits d'auteur.

Blogmusik rouvre en août 2007 sous son nom actuel, Deezer, soutenu par Free qui en fait son service d'écoute libre de musique en ligne, sans qu'aucun accord sur ce sujet n'est été signé entre eux.pub-oui-fm-deezer.png

Deezer passe désormais par une société de gestion des droits d'auteurs (la SACEM) et teste une nouvelle formule qui permettra son succès : les revenus du site, principalement générés par la publicité (6 millions d'euros en 2009), seront partagés avec la SACEM pour rénumérer les auteurs (de 50 à 60%). Tous les leviers publicitaires sont actionnés : bannières publicitaires, onglets publicitaires (lancement du Film Batman, partenariat avec iDTGV), liens sponsorisés, partenariat avec Ouï FM qui propose de diffuser à l'antenne la meilleure playlist sélectionnée via le site...

Mi-2008, Deezer entre dans le top 10 des recherches Google avec 2,5 millions de morceaux en écoute libre.

Aujourd'hui, Deezer comptent 11 millions d'inscrits à la version gratuite du site qui vient de lancer sa version payante, la gratuité n'étant plus suffisamment rentable pour faire vivre le site.


Décryptage d'une stratégie payante : comment Deezer va-t-il convaincre 3% de ces inscrits à payer un abonnement à 9,99€ par mois pour écouter les mêmes morceaux?


Début novembre 2009, Jonathan Benassaya présente à la presse la nouvelle version de Deezer, nommée Premium. et Axel Dauchez devient Directeur Général fin janvier 2010 pour assurer la monétisation du service.

Comment convaincre les utilisateurs habitués jusqu'alors à un service totalement gratuit à payer quasiment 10€ par mois? Plusieurs scénarios ont été envisagés. Celui selon lequel tous les inscrits gratuits passeraient en mode payant du jour au lendemain n'a été que brièvement étudiée : ce serait prendre le trop grand risque de faire fuir la clientèle vers la concurrence ou bien les convaincre de reprendre le téléchargement illégal. Début novembre, le service d'écoute gratuite est donc ponctué par des publicités audio. Le site y gagne donc en revenus publicitaires, et pousse peu à peu ses adeptes à opter pour la formule payante, qui ne comporte aucune coupures publicitaires. Cela peut paraître un détail, mais ce sont justement les détails qui vont permettre de recruter chez les inscrits plus de 300 000 clients ! La formule Premium propose une meilleure qualité audio (qualité CD), sans bannières pubicitaires, et surtout la mobilité du service. En effet, le téléchargement des playlists est désormais possible sur tous les appareils compatibles Deezer Premium (BlackBerry, iPhone, iPod, MP3 et portables Sony et Samsung, chaînes Philips et Logitech, PC et MAC em mode hors connexion, etc.). Grâce à la formule payante, les playlists deviennent également actives à l'étranger, ce qui n'est pas le cas avec la formule gratuite. Le chargement est également plus rapide sous la version Premium.

15-jours-gratuits.pngSi le tarif idéal de 5€ était inenvisageable compte tenu des royalties à verser, Deezer étudie différentes variantes de la formule payante, pour une cible plus large : une version à 1€ par jour, une formule familiale moins chère. On peut également imaginer que les forfaits de téléphonie mobile Free comprendront une option musicale avec accès illimité à Deezer...

En attendant ce moment, vous pouvez toujours tester gratuitement la version Premium pendant une durée de 15 jours, en cliquant sur le lien suivant : http://0z.fr/QhAgg.

Par Amandine Pacaud - Publié dans : Etude de cas
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